Lire c'est voyager, et si nous le prenions au mot? Ce blog explore non seulement les livres mais aussi les cafés et lieux insolites où nous pouvons les déguster. En plus de revues littéraires, nous vous ferons explorer les endroits où vous prendrez plaisir à voyager entre les pages d'un bon livre. Vous découvrirez aussi des romans d'auteurs inconnus en cours de rédaction tout en buvant votre café, votre thé ou votre cappuccino. Bonne dégustation!
vendredi 29 juillet 2016
Les vestiges du jour
Kazuo Ishiguro est un écrivain britannique qui a écrit quelques uns des plus beau romans de la littérature britannique du 20ème siècle. Les vestiges du jour est de ceux-là.
De quoi est-il question ?
Dans ce roman nous suivons le parcours d'un majordome anglais, Mr Stevens, au service d'un richissime américain après avoir servi pendant 35 ans un illustre lord.
Ce majordome se livre sur son travail, sa vie, ses sentiments, ses expériences et confesse avec une grande pudeur les sentiments qui auraient pu le lier à Miss Kenton, ancienne collègue et intendante du domaine.
Mr Stevens nous révèle en filigrane les guerres d'influence qui ont été à l'origine de la construction de l'Europe après la catastrophe nazie par le biais de réunions organisées par son ancien patron lord Farraday.
Au fil des pages, nous partageons ses sentiments les plus profonds sur les valeurs qui le tiennent à cœur comme la dignité, l'honneur, la fidélité, le sentiment d'être anglais.
Pour finir, le roman nous dresse le portrait d'une histoire d'amour inaboutie, pleine de nostalgie et de non-dits, entre Mr Stevens et Ms Kenton.
À la fin de la lecture, on prend conscience de la fragilité de nos destins; de la volatilité des opportunités qui se présentent à nous, de l'importance de l'instant présent. Un rendez-vous manqué, un mot oublié... ou de trop et le cours de nos vies se trouve modifié sans retour en arrière possible.
Les vestiges du jour est un chef-d'oeuvre absolu qui d'ailleurs a été auréolé d'un Man Booker Prize bien mérité, la plus illustre distinction littéraire britannique.
Si vous ne l'avez pas encore lu, n'hésitez pas à vous lancer.
Jechma
samedi 9 juillet 2016
Jeffrey Lent, La rivière des Indiens, Editions Plon, 2003
La rivière des indiens est un roman dans la veine de
Légendes d’automne de Jim Harrison dont les deux héros principaux sont Blood, un homme à la cinquantaine bien tassée et
Sally une jeune adoescente de seize ans.
Pour fuir les fantômes de son passé, Blood entreprend de commencer une nouvelle vie en migrant vers le Nord des Etats-Unis. Il s’installe dans une région qui
s’appelle Indian Stream et y ouvre une taverne. La vie est rude et les habitants sont mus par leur seul instinct de survie. Mais Blood sait qu'il peut
compter sur le soutien de Sally, une prostituée de seize ans qu’il a gagné au
poker. Bientôt, leur proximité va se muer en une relation aux contours flous. Ils ne
sont pas indifférents l’un envers l’autre mais se comportent comme si l’unique
chose qui les lie est leur collaboration "professionnelle". Pendant que Blood tient la taverne, Sally vend ses charmes dans l'arrière-boutique.
Malgré les affres de cette vie dure et improbable, malgré
les ennemis qu’il s’est fait à cause de son caractère revêche, Blood va
commencer à trouver un certain équilibre. Mais tout va voler en éclats le
soir où deux mystérieux voyageurs traversent le seuil de la taverne. Ces hommes vont le replonger dans une époque
qu’il croyait révolue. Ses pires souvenirs vont refaire surface, ses rapports
avec Sally vont s’en trouver affectés et pour ne pas simplifier les choses, des
ennemis ont décidé de raser son commerce de la plus violente des manières, avec des fusils et des canons.
Le style est imagé et métaphorique. L’histoire est prenante
et nos émotions sont guidées par une plume habile qui nous promène au cœur même
du sentiment de culpabilité et de la quête de rédemption. Par moments, la
violence et le réalisme des scènes m’ont forcé à faire une pause pour me
remettre de mes émotions mais je me reprenais vite car La rivière des indiens n’est
pas un livre qu’on lâche facilement. Ce fut un grand moment de lecture.
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